Participation à la conférence sur la mobilité électrique à Tunis

Le 19 Novembre 2019, le Ministère de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises, en partenariat avec l’ANME et avec le soutien du groupe Al Badr, organisait la première conférence sur la mobilité électrique en Tunisie.

A cette occasion, Nicolas Planchenault (Associé fondateur de Kandeel) a présenté sa vision des enjeux de la mobilité électriques en Tunisie devant un panel de hauts responsables d’institutions tunisiennes.

Retrouvez cette présentation ici : Télécharger la présentation

 

Les véhicules électriques, pour quand en Tunisie ?

Partout dans le monde, les véhicules électriques font beaucoup parler d’eux : ils sont désormais la mascotte des salons automobiles ! Leurs ventes sont en forte hausse en Europe (+44% en 2017), mais ils sont encore absents en Tunisie.

Alors, quels ingrédients manque-t-il en Tunisie ? Nicolas Planchenault, Expert en énergies renouvelables et mobilité électrique, tente de répondre à ces questions.

Introduction : pourquoi l’électrique ?

Le véhicule électrique, c’est quoi ?

Un véhicule électrique est un véhicule qui roule avec un moteur électrique et non thermique comme les essences ou diesels. Ils sont équipés d’une batterie qui stocke l’électricité dans la voiture.

Il faut distinguer :

  • Les véhicules hybrides, équipés d’un moteur thermique (essence ou diesel) et d’un moteur électrique :
    • Les hybrides non rechargeables (souvent appelés simplement hybrides), récupèrent uniquement l’énergie au freinage pour alimenter en électricité une batterie puis un moteur électrique. Ces véhicules ne se rechargent pas en électricité. Ils permettent donc de réduire la consommation de carburant, mais n’utilisent pas d’alternative à ce carburant.
    • Les hybrides rechargeables (VHR), qui contiennent une batterie plus importante, qui peut se recharger en branchant le véhicule à une prise électrique. Ces véhicules cumulent donc complètement deux systèmes, l’un thermique et l’autre électrique
  • Les véhicules électriques (VE), qui n’ont pas de réservoir ni de moteur diesel ou essence, uniquement un système électrique. Ils se rechargent sur une prise électrique ou sur une borne de recharge spécifique pour une recharge plus rapide de la batterie.

Schéma simplifié d’un véhicule électrique  :

Quels sont les atouts du véhicule électrique ?

Tout d’abord, les véhicules électriques permettent de réduire les émissions polluantes[1], en particulier dans les grandes villes. Les véhicules circulant en Tunisie sont particulièrement polluants, d’une part parce qu’ils sont anciens et loin des normes qui s’appliquent aux nouveaux véhicules, d’autre part, parce que le carburant lui-même est particulièrement polluant (normes tunisiennes plus laxistes qu’en Europe, sans compter le commerce parallèle)[2].

Les véhicules électriques peuvent aussi limiter les réchauffement climatique et l’impact environnemental à l’échelle mondiale. Les véhicules électriques alimentés en énergie renouvelables ont un impact environnemental plus faible que les véhicules diesel ou essence. Attention cependant, cet atout ne sera réel qu’en augmentant la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité en Tunisie !

Ensuite, dans l’hypothèse d’une production d’électricité par les énergies renouvelables, les véhicules électriques permettent de réduire la dépendance aux énergies fossiles (la Tunisie est importatrice net de pétrole et de gaz), en utilisant pour se déplacer une électricité,« verte », produite en Tunisie. Les transports représentent en effet plus de la moitié de la consommation de produits pétroliers, ce qui correspond à environ 85% de la production nationale. Pour avoir un ordre de grandeur, on peut retenir que si 1% du parc tunisien de véhicules passe à l’électrique, la consommation d’électricité serait augmentée de 0.2%.

Il faut également noter que ceux qui ont testé un véhicule électrique mettent en avant un meilleur confort de conduite.

Enfin, au regard de la baisse des prix des véhicules électriques (baisse du prix des batteries, effet d’échelle), ils devraient être moins chers que les diesel et essence d’ici quelques années.

Les barrières à lever sur le marché tunisien

Assurer un cadre réglementaire encourageant

Les véhicules électriques sont aujourd’hui plus chers que les véhicules diesel, et le resteront pour quelques années encore si aucun avantage réglementaire et/ou fiscal ne leur sont donnés.

Il faut cependant noter que la Loi de Finances 2018 fait un premier pas : elle augmente les diverses taxes directes ou indirectes applicables aux véhicules importés, et réduit les taxes pour les véhicules hybrides. De nouvelles mesures plus importantes pourraient être imaginées en 2019 pour aller plus loin.

Il faut donc que l’Etat Tunisien comprenne bien l’enjeu et l’intérêt d’encourager la mobilité électrique : la réduction de la pollution de l’air, en particulier en ville. Il faut savoir qu’en France, le coût de la pollution de l’air été évalué à 1500€ (4500DT) par habitant et par an !!  Notons que pour l’instant cet enjeu n’a pas été retranscrit dans la Loi de Finances 2018, qui lie la thématique du véhicule hybride à l’encouragement des énergies renouvelables…[3]

Garantir un marché suffisamment grand pour les importateurs

Avec 46 000 véhicules particuliers (VP) immatriculés en 2017 et malgré une augmentation des ventes de 10% par an, le marché tunisien reste relativement petit. A titre de comparaison, il se vend environ 2 millions de véhicules particuliers charque année en France et en Italie, 170 000 au Maroc.

Ainsi, si les véhicules représentent 1% des ventes comme c’est le cas en Europe, le marché serait de 500 voitures seulement par an… Même en intégrant les véhicules RS (Régime suspensif), cela représente un petit marché.

Pour les importateurs, c’est un pari : ils doivent former leur personnel aux normes électriques et à la maintenance de ces véhicules, et mettre à niveau leurs ateliers de maintenance pour assurer les réparations de véhicules électriques en Tunisie. Cela représente quelques dizaines de milliers de dinars d’investissement. Idéalement, ils doivent aussi s’assurer que leurs clients pourront se recharger à divers endroits en Tunisie, pour ne pas être limités par l’autonomie de la batterie.

En contrepartie, ils sont sûrs que la maintenance des véhicules sera faite chez eux, car les petits ateliers n’auront pas les compétences et les moyens de faire les réparations.

Concrètement, quels sont les acteurs qui auraient intérêt à s’y positionner ?

Les principaux importateurs de voitures particulières en Tunisie sont listés ci-dessous.

Penchons-nous sur le groupe Artes : il semble aujourd’hui le mieux positionné pour faire entrer le véhicule électrique sur le marché tunisien. Le groupe est en effet importateur pour le groupe Renault-Nissan, qui a clairement mis l’électrique au cœur de sa stratégie.

En particulier, la Renault Clio est en tête des ventes en 2017, avec plus de 2000 voitures vendues en Tunisie. La Renault ZOE, en tête des ventes de véhicules électriques en Europe, est un modèle équivalent à la Clio, qui représente 12% des ventes de Renault sur cette gamme (Clio + Zoe) ! En Tunisie, la Zoe pourrait donc rapidement se vendre à 100 voire 200 exemplaire par an. En vendant la Renault Zoe et la Nissan Leaf, le groupe Artes a bien sûr l’opportunité de prendre des parts de marchés chez d’autres concessionnaires.

De plus, Artes dispose d’un important réseau d’agences dans toute la Tunisie, qui peut lui permettre de créer quelques agences pilotes spécialistes du véhicule électrique, de la vente à la maintenance, ainsi qu’un premier réseau de recharge.

Le groupe Artes a donc les moyens et un réel intérêt à démarrer la commercialisation de véhicules électriques, et a minima à se préparer à les vendre et à en assurer la maintenance.

Pour la suite, il y a fort à parier que les autres concessionnaires suivront, à commencer par Ennakl Automotives dont les marques, en particulier Volkswagen, et le réseau sont plutôt encourageants. Sinon, des marques comme Tesla, constructeur automobile dédié aux voitures électriques haut de gamme, prendront la place !

Constituer un marché autour du véhicule électrique

Une fois les premiers véhicules commandés, il faudra également importer les bornes de recharge de véhicules électriques, et démarrer la mise en œuvre d’un réseau national de stations de recharge.

Il s’agira également de proposer des offres aux entreprises, pour lesquelles l’électrique peut être combiné avec l’autopartage (en plein essor en Europe, encore inconnu en Tunisie).

A ce titre, une première expérimentation pourrait être lancée dans le cadre d’une récente convention entre La Poste Tunisienne et le CEA France[4].

 

En conclusion, si l’Etat a la charge de mettre en place les premiers avantages pour les véhicules électriques en vue d’améliorer la qualité de l’air, au moins un concessionnaire peut trouver intérêt à proposer des véhicules électriques dès que possible.

 

A propos de l’auteur :

Nicolas Planchenault a travaillé pendant 7 ans au sein de Solstyce, cabinet référent en France sur les questions de mobilité électrique. Il a notamment réalisé des études stratégiques sur ce sujet et géré plusieurs projets de déploiement de stations de recharge de véhicules électriques, soit plusieurs centaines de bornes. En 2017, il a co-fondé Kandeel en Tunisie. Kandeel accompagne et réalise des projets pour tout type d’organisation, notamment dans le domaine des déplacements et des énergies (http://www.kandeel.co).

Ressources :

Marché du véhicule électrique en Europe :
http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=7206&from_espace_adherent=0

Article d’Inkyfada sur la teneur en soufre du gasoil et la pollution qui en découle :
https://inkyfada.com/2016/12/diesel-soufre-carburant-gasoil-50-pollution-tunisie

Articles tunisiens sur le même sujet et sur les statistiques de vente :
http://www.businessnews.com.tn/enquete-sur-les-voitures-electriques-et-hybrides–la-tunisie-a-la-traine%2C519%2C77445%2C3

http://www.businessnews.com.tn/mare-automobile–palmares-des-ventes-pour-2017,520,77328,1

Guide de référence du Cerema, établit à partir des travaux de Solstyce / Nicolas Planchenault : http://www.avere-france.org/Uploads/Documents/14526793894e267787a6e9f161893c14690d4462c2-rf18010616bornes_recharge.pdf

 

[1] Emissions polluantes à l’échelle locale, directement dangereuses pour la santé. A ne pas confondre avec les émissions de gaz à effet de serre comme le CO2, qui contribuent au réchauffement de la planète, mais qui ne sont pas directement dangereuses pour la santé

[2] Lire l’excellent article d’Inkyfada sur ce sujet

[3] La loi de finances 2018 indique : « dans le cadre de l’encouragement à l’utilisation des énergies renouvelables, un abattement de 30 % sur le droit à la consommation, pour les voitures hybrides utilisant des moteurs mixtes, carburant et électrique », alors que l’utilisation de voitures hybrides n’a pas de lien direct avec l’utilisation des énergies renouvelables. Son intérêt est la réduction de la consommation de carburant et surtout la réduction des émissions polluantes.

[4] Convention de coopération bilatérale pour renforcer la collaboration entre les deux institutions dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique des bâtiments et de la mobilité solaire

Appel à projets Tunisien sur les énergies renouvelables : Kandeel accompagne avec succès plusieurs investisseurs

Kandeel  a accompagné plusieurs promoteurs et investisseurs tunisiens et français dans la préparation de leur dossier d’offre dans le cadre de l’appel à projets Tunisien pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables :

  • Identification et études de sites ;
  • Etudes détaillées de la production ;
  • Suivi des études de raccordement et des études environnementales ;
  • Etudes techniques ;
  • Etudes économiques et financières ;
  • Conseil : fonctionnement et procédures de l’appel à projets, contexte réglementaire et financier, connaissance du marché ;
  • Préparation et dépôt de dossiers.

Les investisseurs ont ainsi bénéficié d’une expertise rare en Tunisie, d’un accompagnement sur mesure, et d’une réelle disponibilité et proximité.

Ces dossiers ont été déposé le 15 Novembre 2017, et les lauréats de l’appel à projets devraient être désignés en Février 2018.

Sur ces projets, Solstyce est positionné comme EPC. Avec sa filiale Solstyce Africa & Middle East en cours de création, Solstyce apporte son expertise et une approche de proximité pour des projets de 100kW et plus en Tunisie.

Le Lemon tour

Le Lemon Tour est un service de visite à vélo du patrimoine de Carthage et ses alentours. Ce projet vise à promouvoir l’usage du vélo, à développer un tourisme alternatif et à mettre en valeur le patrimoine de la banlieue nord de Tunis

Plus d’informations : www.lelemontour.com – Facebook du service

Kandeel développe ce projet pour son propre compte et avec ses propres fonds, afin d’en faire un projet vitrine de son activité

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Participation au lancement de l’appel à projets Europe Créative

Kandeel a participé à la réunion d’information sur le programme Europe Créative, ce mercredi 20 juillet au sein du palais du Baron Erlanger.

Pour en savoir plus sur cet appel à projets:

 

Kandeel présent à la présentation de l’appel à projets standard IEV CTF Med

Kandeel était présent à l’occasion du lancement à Tunis du premier appel à projets standard IEV CTF Med 2014-2020.

Notre équipe se tient prête pour vous accompagner dans la réponse à appel à projets.

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